Sept jours de toi

J’ai décidé de ne pas compter en semaines, pendant que j’y arrive encore… Alors ce sont « sept jours de toi », comme sept fois un jour, pas comme une semaine.

Je veux compter en jours, pour souligner l’importance de chaque jour, et vivre chaque journée tout doucement, une par une, les unes après les autres. Le temps des mille prochains jours, puis de mille autres encore peut-être ?

Ces sept derniers jours, ses sept premiers jours à lui, nos sept premiers jours à nous deux dans deux corps bien distincts, nos sept premiers jours à nous quatre, au complet, à n’attendre plus personne, ces sept jours là ont été doux, ouatés, parfumés de lait, de chocolat, de thé, de fleur de sel.

Je dis sept jours, alors que tout a commencé dans le calme de la nuit.
C’est amusant, de donner naissance la nuit, le contraste entre l’extérieur sombre que l’on aperçoit depuis les fenêtres de la salle de naissance et la lumière du scialytique. Le contraste entre la quiétude d’un parking vide et le bourdonnement de tout ce qui se joue au rythme des bips au rythme de mon cœur, ou de celui du petit peut-être ?

A la fin de ma grossesse, j’avais envie de croiser un petit génie tout droit sorti d’une lampe magique, pour lui demander de me dire à l’avance comment tout allait se passer. J’avais envie de savoir, j’imaginais le pire et j’avais envie de me préparer. Tant pis pour la surprise.
Puis, quand j’ai commencé à dépasser le terme, avec mon utérus cicatriciel que je me traînais comme un boulet, j’en suis venue à penser que c’était bien mal barré.
Si l’on m’avait dit à l’avance, que les jours J et J+1, tout le monde s’en ficherait royalement de mon utérus cicatriciel. Si l’on m’avait dit à l’avance que l’on n’aurait tout simplement pas le temps de se prendre la tête avec la sacro-sainte dilatation d’un cm/heure, parce qu’en deux heures ça serait plié. Si l’on m’avait dit tout ça à l’avance, si l’on m’avait dit de ne pas m’inquiéter… Au fond, heureusement qu’il n’y en a pas à chaque coin de rue, des petits génies tout droit sortis de lampes – oui, je me suis fait du mouron, la rate au court bouillon, un sang d’encre et des cheveux blancs, mais ça valait le coup.

Alors sept jours, c’est quoi ?

C’est un dénouement au delà de toutes mes espérances, c’est un petit homme qui arrive comme une fleur, alors que je l’ai attendu toute ma vie il me semble. C’est moins de 72 heures à l’hôpital, c’est très peu de sommeil. C’est des petits cheveux, des petits yeux qui s’ouvrent sur le monde, c’est nos regards qui s’accrochent, c’est se reconnaître, c’est le sentiment ancré profond en moi que c’est là, juste là, ce que j’ai toujours voulu.


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