Qu’est ce que vous trouvez beau ?

Mercredi dernier, Augustin Trapenard a partagé une liste de ce qu’il trouve beau, invitant également le lecteur à réfléchir : « Je vous demande ce que vous trouvez beau, si beau que ça se passe de mots, d’explications. »
Sans même lire entièrement la liste qu’il proposait, j’ai immédiatement commencé à réfléchir à ce que je trouvais beau moi-même. Le sujet m’a conquise, tant il engendre une réflexion positive, tant se rappeler ce qui est beau provoque un émerveillement et amène de la sérénité.

Voici donc, de manière imparfaite et surtout incomplète, ce que je trouve beau.

Les couleurs.

La fraîcheur des matins d’été, la lumière diffuse dans laquelle baigne la campagne avant le lever du soleil.

Se comprendre malgré la barrière de la langue.

L’innocence des enfants. La confiance qu’ils accordent à leurs parents.
L’apaisement sur leurs visages endormis.
La façon dont les plus petits jouent avec leurs toutes petites mains. Quand ils tapotent l’un contre l’autre le bout de leurs index, quand ils ne peuvent pas s’empêcher de tirer sur les poils des avant-bras des personnes qui les prennent sur leurs genoux, ou de jouer avec les petits cheveux de la nuque des personnes qui leur font un câlin.
La façon dont les épaules et le creux du cou des adultes sont d’ailleurs complètement faits pour accueillir la tête des enfants.

Les espèces qui développent des solutions inouïes pour leur survie en milieu hostile, les plantes qui poussent au milieu du bitume, tout ce qui crie à la face du monde « MAIS F*CK ! Il y aura de la vie ici. »

Tomber sept fois, se relever huit.
La résilience.
Croire qu’on n’a plus la force et la trouver quand même. Tout donner, et puis donner encore.

Une plage vide face à l’océan. Le bruit assourdissant des vagues.

Une flamme qui vacille.

Pleurer d’avoir trop aimé, d’avoir trop cru, trop espéré, trop attendu. C’est triste, mais c’est beau. Et à tous ceux qui pleurent, je crois que c’est important de leur dire qu’ils sont beaux dans leur peine, qu’ils sont beaux parce qu’ils ont aimé, cru, espéré et attendu, et qu’il ne faut pas, malgré le chagrin, qu’ils arrêtent d’aimer, croire, espérer et attendre.

Le bleu.
Le blanc des blancs d’œufs montés en neige.

Les messages qui ne disent rien d’autre que « Je pense à toi » ou « Bisou. »

Regarder le ciel la nuit, se dire qu’ailleurs dans le monde, il y a quelqu’un qui regarde le même ciel, avoir une pensée pour lui, et se dire qu’il a peut-être une pensée pour nous.

Alabama Monroe de Felix Van Groeningen
Extrêmement fort et incroyablement près de Jonathan Safran Foer, Tu ne dors pas, petit ours ? de Martin Waddell et Barbara Firth
La Quête de Jacques Brel, Impossible de La Rue Kétanou
Le dernier quintil de La Chanson du Mal-Aimé de Guillaume Apollinaire

Moi qui sais des lais pour les reines
Les complaintes de mes années
Des hymnes d’esclave aux murènes
La romance du mal-aimé
Et des chansons pour les sirènes.

Le printemps ; le rouge éclatant de l’automne ; la chaleur de la maison en hiver, quand on rentre de balade le bout du nez gelé et les joues rouges.

La lune.

Les photos instantanées. Les photos argentiques pleines de grain.

Les goûters en famille.

Les bouquets de fleurs ; les orchidées.

Les mots « incandescence » et « chagrin ».

Dites-moi, qu’est ce que vous trouvez beau ?


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