Deux fois maman – Le point à quatre semaines

À la naissance de mon premier enfant, il y a de cela un peu plus de deux ans, j’ai été la première à crier au scandale, la première à dénoncer une omerta : on ne m’avait jamais dit que ce serait si dur, si prenant, on ne m’avait jamais dit que je vivrais une vraie tempête.
À partir de ce moment-là, pour chaque amie / collègue / cousine /etc. qui m’apprenait qu’elle allait devenir maman, je me faisais un devoir d’être une lanceuse d’alerte. Sans vouloir effrayer personne, je tenais tout de même à témoigner de ma vision de la maternité : celle où l’on vit beaucoup de bonheur, certes, mais celle où l’on vit aussi un raz de marée, un roller coaster émotionnel, où l’on expérimente parfois une solitude sans pareil… En bref, celle où ce n’est pas que du bonheur.

Lorsque j’ai annoncé ma seconde grossesse à ma famille, ma grand-mère m’avoua qu’elle s’était sentie submergée à la naissance de son second enfant.
Ma grand-mère.
Celle qui coud, qui tricote, qui crochète, qui rapièce ; celle qui fait la lessive, le ménage, la cuisine, le jardin ; celle qui cuit son pain à 5h du matin. Ma grand-mère, celle-là même qui en fait plus en une journée que moi en une semaine, s’était sentie débordée à la naissance de son second enfant. Et elle choisissait de m’avertir. Elle se faisait, elle aussi, lanceuse d’alerte. J’ai un peu pris peur.

Tout au long de ma grossesse, je me suis rassurée en me disant qu’une immense majorité de couples vit avec deux enfants, et s’en sort a priori très bien. J’ai choisi d’avoir confiance en mes capacités d’organisation, je me suis dit que je trouverai les clés qui me permettront de mettre en route une machine dont les rouages, après certes quelques adaptations, tourneront tous seuls.

Aujourd’hui, je suis l’heureuse maman de deux enfants depuis quatre semaines déjà.
Ces quatre dernières semaines n’ont pas été les plus difficiles de ma vie.
Je les ai trouvées plus douces que mouvementées (malgré la varicelle du plus grand et une bonne suspicion de coliques du nourrisson chez notre tout petit).
Evidemment, je ne crie pas victoire pour autant. Malgré un léger manque de sommeil, je reste lucide : j’ai conscience de ne vivre que les débuts de notre vie à quatre. J’ai conscience des difficultés qui peuvent nous atteindre le long du chemin. (Je m’attends à un fiasco total lors de la reprise du travail pour être tout à fait honnête.) Mais je peux aussi d’ores et déjà partager quelques « trucs » qui m’aident en tant que « maman x2 ».

Etre déjà maman

Ça peut sembler étrange, dit ainsi, mais ce qui m’aide le plus, c’est d’être déjà maman ! C’est-à-dire que :

  • je ne suis pas surprise de parfois (parfois seulement, ne dramatisons pas !) n’avoir absolument pas de temps pour moi.
    Je sais qu’un enfant demande énormément d’attention, je sais qu’une tétée peut durer une heure, entre le rot qui refuse obstinément de sortir, la couche (et le body, et le pyjama, soyons fous !) à changer entre temps, les pauses que prend le mignon sans trop qu’on sache pourquoi (juste le temps de remettre le coussinet d’allaitement, que paf ! finalement, il en reprendra une tournée !), le petit reflux qui va bien et qui fait que toi aussi tu vas devoir te changer (ou pas, ça dépend si tu comptes ou non mettre le nez dehors aujourd’hui)
    Lorsque je suis devenue maman pour la première fois, je me répétais en boucle « Il faut que tu arrêtes d’avoir envie de faire autre chose », mais je n’arrêtais pas. Puis j’ai appris à ralentir, j’ai fait du tri dans mes aspirations, petit à petit j’ai consacré moins de temps à certaines activités pour en consacrer plus à mon enfant, pour lui offrir mon attention entière et la disponibilité dont il a besoin. Cet ajustement dans ma vie, je l’ai déjà fait, il ne m’est pas nécessaire d’apprendre à le faire maintenant.
  • je suis beaucoup plus sereine vis-à-vis de cette nouvelle maternité.
    Je ne m’inquiète plus inutilement au sujet du poids de mon enfant, ni de son sommeil, ni de ses tétées, ni du contenu de ses couches. J’ai confiance dans le fait qu’il est suffisamment couvert lorsque l’on sort, je n’ai pas peur de lui couper les ongles (oui, même s’il n’a pas deux mois. Dénoncez-moi aux services sociaux, allez-y !), je sais le masser, j’arrive (presque à chaque fois) à lui nettoyer le nez, etc.

Alors que j’étais enceinte de mon deuxième bébé, en plus des avertissements de ma grand-mère, j’avais beaucoup entendu de discours du type « il va vous falloir une organisation en béton », ou « les bébés sont tous différents, ça ne sera pas forcément pareil ». Jamais trop le fait que je sois déjà maman ne semblait être un très bon point de départ. Maintenant, forte de ma petite expérience, je tiens à véhiculer ce message à toutes les futures « maman x2 » : ça va aller, tu l’as déjà fait !

Les bruits blancs

Pendant ma grossesse, j’avais envisagé de me procurer un de ces fameux « doudous à bruits blancs » que l’on trouve sur tous les sites de puériculture. Cependant, je ne savais pas si j’en aurais réellement besoin, ni si mon petit y serait réceptif, alors j’ai choisi d’attendre la naissance pour évaluer l’utilité de l’achat.

Mon loulou était l’incarnation de la quiétude durant notre court séjour à la maternité, mais nous nous sommes vite aperçus une fois de retour à la maison qu’il avait un peu de mal à « atterrir », à prendre ses marques, et à trouver le sommeil. Numérobis n’aime pas particulièrement être bercé, il a bien plus besoin de contacts ou de « bruits » pour se rassurer. Avec lui, les bruits blancs fonctionnent à merveille (sèche-linge, aspirateur, etc.!).

Finalement, pour nous épargner la dépense (à l’addition souvent salée) d’un doudou dernier cri, nous avons installé sur nos téléphones une application gratuite (en l’occurrence : Relaxio). Cette application propose des bruits tels que ceux de la pluie, de l’orage, du vent, celui de la forêt, du feu qui craque, celui d’un ventilateur etc. Il y a aussi des mix tous prêts tels que « jours de pluie », « café en automne », « conduire sous la pluie »…

Nous tournons beaucoup avec le mix nommé « ruisseau dans les bois », qui combine un bruit d’eau, un peu de vent et des sons d’oiseaux. Je pense que mon bébé s’imagine vivre dans la jungle. Il reproduira certainement des sons d’oiseaux à la perfection avant de savoir dire papa ou maman, mais grâce à cette astuce, il retrouve la sérénité dont il a besoin pour dormir.

Le tee-shirt de portage

J’en ai parlé ici, porter mon bébé était pour moi une évidence. Il s’avère qu’il adore ça, et que c’est une des choses qui le calme le mieux avec les bruits blancs.

Choisir de porter son enfant est un choix intime et personnel, au même titre que l’allaitement maternel selon moi. Je n’irai donc pas conseiller à qui que ce soit de le faire ou de ne pas le faire – par contre, pour toutes les personnes qui veulent le faire, je peux témoigner de la très bonne solution de portage que représente le tee-shirt peau-à-peau Vija Design. A la maison, nous n’avons jamais souhaité tester d’écharpes de portage : je ne me sens pas à l’aise avec l’idée d’attacher, de nouer… et Benjamin n’a vraiment pas confiance dans ces produits. Mon tee-shirt de portage est très facile d’utilisation, il est confortable : mon enfant est bien dedans et peut y rester des heures, c’est vraiment un produit que je recommanderais à toutes les mamans en quête de solutions pour le portage et le peau-à-peau !

Organisation : les lessives !

Comme toute l’organisation de la maison s’était trouvée chamboulée à l’arrivée de notre premier bébé, je m’étais imaginé qu’il en serait de même avec l’arrivée de notre second. « Tu dois désapprendre tout ce que tu as appris » me disais-je à moi-même (pour citer Yoda).

La réalité est moins pire que ce que je prévoyais ! Il faut se rendre à l’évidence : en termes d’organisation, j’ai déjà gagné quelques galons quand je suis devenue maman pour la première fois. Il a fallu cependant faire deux/trois aménagements au niveau des lessives : crouler sous le linge sale est un luxe que je ne peux pas (et ne veux pas) me permettre (j’accepte cependant un peu plus facilement de crouler sous le linge propre… Oui, j’ai horreur de plier et ranger le linge, mais je m’améliore !) On a choisi de mettre en place une solution très simple pour ne pas être débordés : quelle que soit la quantité de linge à laver, nous lançons une lessive tous les deux jours au minimum, quitte à ne faire tourner qu’une demi-charge.

Pour l’instant, on s’en sort encore au niveau du rangement, mais je me garde une astuce sous le coude dans l’hypothèse où cela partirait un peu en cacahuètes : je pense prévoir d’avoir une petite balle à linge (linge propre, s’entend) pour chaque personne de la famille, afin de pouvoir trier et dispatcher le linge une fois propre et sec. Exit la seule et unique (et immense) pile de linge propre trônant au milieu du salon, chaque personne aura sa petite pile de linge personnelle, ce sera bien plus facile pour Ben de retrouver ses caleçons et pour moi de mettre la main sur un body en taille 1 mois !

Organisation : la vaisselle !

Sans surprise, nous avons opté pour le même fonctionnement pour notre vaisselle que pour nos lessives. C’est une solution qui me simplifie la vie et que j’avais déjà adoptée pendant ma grossesse.

A la base, je suis quelqu’un d’assez économe : jusqu’à il n’y a pas si longtemps, j’attendais que le lave-vaisselle soit rempli à bloc pour le faire tourner, ce qui représentait environ deux chargements par semaine. Cela nous obligeait à laver certains ustensiles à la main, notamment les biberons de mon grand : on en utilise encore souvent deux par jour, et nous n’en avons que quatre en stock (ce qui nous permet donc une autonomie de deux jours, vous l’aurez compris !). Notre challenge était de n’être jamais en rade de biberons propres.

Un beau jour, j’entends une collègue dire qu’elle fait tourner en routine son lave-vaisselle tous les soirs (il faut dire qu’elle cuisine bien plus que moi, je veux bien croire qu’elle salit plus de vaisselle !) : cette révélation a été un déclic dans ma vie (sans exagération aucune !). A partir de ce moment-là, nous avons décidé de programmer une vaisselle à chaque fois que nous manquions de biberons propres, soit une tous les deux jours. C’est désormais entré dans nos habitudes comme une des bases de notre organisation.

Voici donc, pour l’heure, mes réflexions sur cette – toute nouvelle encore – double maternité. Je ne partage là rien de transcendant, je ne détiens pas de solutions miracles pour avoir plus de temps pour soi, être moins fatiguée, arborer un teint frais après une nuit courte et un corps athlétique après neuf mois de grossesse. Je ne propose que quelques idées qui permettent de simplifier un peu le quotidien 😉

Et vous, quels sont vos trucs et astuces qui vous aident dans cette belle aventure qu’est la maternité ?

Crédit photo « Like a boss » :
Brooke Lark on Unsplash


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4 commentaires à propos de “Deux fois maman – Le point à quatre semaines

  1. Le congel mon meilleur ami pour parer aux jours où j’ai pas envie /pas le temps de faire à manger. Ca sous entend doubler les recettes quand je cuisine pour en mettre de côté.

    L’aspirateur allié insoupçonnable de ma sérénité: le grand en a peur et la petite adore pour s’endormir donc quand c’est le chaos total, un petit coup d’aspi ca calme tout le monde et en plus la maison est propre. 👌🏻

    Se balader: prendre l’air fait du bien à tous. Il suffit d’une dizaine de minutes pour faire retomber la pression. Le grand se dégourdi les jambes, la petite est bercée et moi je change littéralement d’air. La solution miracle pour qu’on aille bien tous en même temps. Inconvénient il faut que le temps si prête.

    1. Ah… le congel ! Le notre aussi nous rend service, j’achète des légumes surgelés, ils participent à notre équilibre alimentaire ! On peut en faire des tartes sans même décongeler les légumes : une pâte, les légumes, le mélange oeufs/lait… on enfourne, et le tour est joué ! 👍🏻

      Ici, l’aspirateur est mon meilleur ami depuis toujours ! Personne n’en a peur (heureusement car c’est presque un membre de la famille à part entière). Il calme effectivement le petiot, et le grand sait qu’il ne faut pas m’emmouscailler quand je passe le « sappateur » 😂

  2. C’est très doux de te lire, je trouve. Cela donne de l’espoir à la primipare que je suis, qui a eu l’impression de se noyer dans un verre d’eau dans les premiers jours de vie de son bébé !
    Je retrouve en tout cas quelques éléments d’organisation qu’on a adoptés nous aussi : utilisation intensive du lave-linge et du lave-vaisselle, portage (en écharpe, pour le coup)… Il faudrait peut-être que j’essaie les sons de la nature pour aider mon petit bout à trouver le sommeil, qui sait ? Merci pour l’idée !

    1. Bonsoir Lumi.
      Oh, merci pour ce commentaire sur la « douceur » de me lire, ça me touche beaucoup !
      Mais oui, il y a de l’espoir ! Si cela peut te rassurer, j’ai trouvé très difficile de devenir maman, comme je le dis au début de mon billet. Et puis au bout d’un moment, tout se met en place 🙂 On apprend aussi à relativiser le temps ! Au début on se dit « quelle galère, je ne vais pas tenir 6 mois comme ça », et puis finalement, on fête le premier anniversaire et on rit des difficultés passées, même si elles ont duré six ou neuf mois 😉 Maintenant, je sais qu’à 2 ans, un petit môme, ça parle, c’est plein d’autonomie, et je me dis « pfff… tu feras ci ou ça dans deux ans ! »
      Les bruits blancs, ça nous aide vraiment beaucoup ici ! J’ai changé les bruits de nature pour le bruit du ventilateur sur mon application… et notre rituel du matin, pour aider le petit bonhomme à partir pour sa sieste, c’est de passer l’aspirateur. Étonnant, n’est-ce pas ?
      Je te souhaite une bonne soirée 🙂
      Au plaisir de te revoir par ici !

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