Cinq choses qui ne me complexent plus

Hier, je suis sortie de chez moi, alors que je portais :

  • un pantalon de jogging trop grand pour moi (comprendre : un des pantalons de Ben),
  • un débardeur tâché de peinture,
  • et des converses au motif licornes, pour bien achever ce total look « No f**** given ».

Je suppose que j’ai dû inspirer de la curiosité chez ceux qui ont croisé mon chemin, dans la mesure où même mon chéri m’a demandé pourquoi j’étais sortie vêtue de la sorte. Concrètement, ce que j’ai inspiré chez les autres, je m’en tamponne l’oreille avec une babouche (et si tu sais d’où me vient cette expression, bien la bise à toi !). J’ai décidé que cette tenue ferait l’affaire parce que je n’avais pas envie de faire plus d’efforts : je venais de passer la nuit à veiller mon petiot qui était malade, et je suis enceinte à 77%. Ces deux paramètres ont beaucoup limité ma motivation. Mon look d’hier peut donc figurer sur la liste des choses dont je n’ai pas (ou plus) honte, dont voici le top 5 :

Ma maison n’est pas instagrammable / pinterestable…

… et c’est le cadet de mes soucis !
J’ai pourtant bien connu une période où je souhaitais reproduire les plus belles épingles Pinterest dans mon salon. Mais il a fallu que je me confronte à la réalité : si, avec mon chéri, il nous faut six mois pour choisir un luminaire, comment voulez-vous qu’on arrive à définir un style pour notre maison ? Plutôt hygge, scandinave ou industriel ? Et pourquoi pas urban jungle ? Heu, comment dire ? Le style de chez nous, c’est : nous avons choisi des couleurs qui nous plaisent, nous avons posé nos meubles, nous remplacerons – un jour – ceux que nous n’aimons plus, et c’est à peu près tout !
Dans notre salon, il y a des cases entières de l’étagère Ikea remplies de jouets de mon fils. Nous avons un grand espace ouvert dans lequel nous aimons être tous ensemble, et dans lequel le petiot aime jouer. Nous ne souhaitons pas passer notre vie à ranger ses jouets ailleurs qu’à l’endroit où il joue avec, tant pis si ce n’est pas hyper tendance…finalement, notre maison est une maison dans laquelle on vit, pas dans laquelle on pose !

Nous ne mangeons pas que du fait-maison

Alors ça, ça, c’est un truc qui m’a fait complexer plus d’une fois (et pour lequel j’ai subi du « cooking-shaming » aussi).
Déjà, d’une part, je suis piètre cuisinière, pas du tout dans le style « bonne à marier », qui sait faire de bons petits plats et qui pâtisse pour ses enfants. Le bonnet d’âne pour Ninon s’il vous plait !
Mais d’autre part, dites-vous bien que même équipée d’un super robot ménager (merci mamie !), je ne cuisine pas tous mes repas maison. (Que fait-on de pire que le bonnet d’âne ?)

Et bien, voilà, je l’avoue :

Je n’aime pas cuisiner.
Je n’aime pas passer du temps à éplucher des légumes.
Je fuis les recettes avec plus d’une quinzaine d’ingrédients (toujours un soupçon de machin et une pincée de bidule à rajouter…).
J’ai horreur de voir la vaisselle s’empiler au fur et à mesure que j’exécute une recette.
Et enfin, hormis dans quelques grandes occasions, je refuse de passer plus de temps à préparer quelque chose qu’à le déguster.

C’est dit ! Pour autant, n’allez pas penser que l’on mange mal chez moi : on ne saute pas de repas, personne n’a de soucis ni de poids, ni de carence alimentaire, il semblerait que notre mode de vie nous convienne à tous ! Et c’est bien là l’essentiel, non ?

Les tenues de mes bébés

Je suis peut-être un ovni, mais je ne me souviens pas avoir énormément habillé mon fils de jolies petites tenues de ville durant ses premiers mois de vie, pas plus que je ne prévois de « bien habiller » mon deuxième bébé.
Pour toute la période où leurs mouvements sont si limités qu’ils passent leurs journées allongés sur le dos, je pense que les bébés sont plus à l’aise en pyjama. J’amenais même mon enfant en pyjama chez la nounou, et elle ne m’a jamais rien dit, ni même regardée bizarrement. Après, un pyjama, ce n’est pas forcément un dors-bien ou une grenouillère, ça peut être un pantalon loose et un tee-shirt. Mais le combo jean slim denim – chemise à boutons, même si c’est très très mignon, il faut bien reconnaître que ce n’est pas chez nous qu’on l’a vu beaucoup porté.

Mon manque de culture

Je suis issue d’une famille où l’on lit beaucoup, où l’on peut parler politique à table (au moins en période d’élections), où l’on est capable de disserter avec un peu de profondeur sur un sujet d’actualité.
J’ai commencé à développer un complexe de manque de culture au début de mes études supérieures. Mes études en sciences (ce qui n’intéressait pas grand monde sauf moi), mes études prenantes (je ne me suis pas octroyée le temps de lire un livre ou de m’intéresser à la politique). Je n’avais donc rien à dire à table, je me sentais un peu exclue, mais surtout très inculte.
A cette époque, j’ai commencé à regarder des séries, sans me rendre compte que cela m’apportait une culture « alternative ». Personne d’autre dans mon entourage proche ne regardait de séries (les rediffusions d’Urgences, à la limite). Ce n’était pas quelque chose que je pouvais partager aussi facilement que maintenant.
Aujourd’hui, les séries sont entrées dans le quotidien de tout un chacun : je ne crois pas connaître, autour de moi, de personne qui ne suit pas au moins une série. Certaines sont ultra-plébiscitées, d’autres sont considérées comme des incontournables, ou encore des chefs d’œuvre. Parler de séries, c’est être quasi sûr de pouvoir intégrer qui que ce soit dans une conversation : on peut même avoir des avis sur des séries que l’on ne regarde pas !
Bref, grâce aux séries (mais pas que, loin s’en faut !), j’ai accepté que mes centres d’intérêt puissent être différents de ceux d’autres personnes, qu’ils puissent être perçus comme plus légers ou moins nobles, ça ne fait pas pour autant de moi une inculte. Je n’ai plus du tout ce complexe de manque de culture.

Je ne réponds généralement pas aux textos dans les 5 minutes…

…ni dans l’heure, ni dans la même journée (quand seulement j’y réponds). C’est comme ça, et j’en ai assez d’en être désolée.
Je pense que je suis en fait un peu inadaptée à cette aire de la sur-communication. Ça devait être bien, du temps de nos grands-parents, non ? Quand pour te joindre, les gens n’avaient que le téléphone ; et si tu étais dans ton bain lorsqu’il sonnait, tu te disais seulement « si c’est important ils rappelleront ». Pas de possibilité d’afficher le numéro dudit appel en absence, pas de message vocal. Personne qui te pense disponible quasiment 24/7, sous prétexte que lui-même l’est.
Plus jeune, un des trucs qui me rendaient folle, c’était que l’on passe par l’une de mes sœurs ou l’un de mes parents pour savoir si j’avais bien reçu tel ou tel sms (avec la question sous-jacente : pourquoi je n’y avais pas répondu ??). J’ai été trop bien éduquée pour expliquer aux gens « N’y voyez rien de personnel, j’agis de la même façon avec tout le monde, mais si je n’ai pas encore répondu à votre message, c’est que j’avais mieux à faire, selon ma propre et personnelle échelle des priorités. ». Ça peut être un peu vexant à entendre en même temps…

Et vous, quel est le complexe que vous avez complétement surmonté ?
Quelle est cette chose qui vous passe vraiment très loin au-dessus ?

Crédit photos :
Look above the horizon by Soroush Karimi
Food, lemon, fruit and vegetable by Max Delsid
Vintage telephone on the wall by Pavan Trikutam
(on Unsplash)


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6 commentaires à propos de “Cinq choses qui ne me complexent plus

  1. En partie les mêmes que les tiennes! Pendant longtemps, aussi, je ne sortais pas sans maquillage, maintenant je m’en fous. J’ai aussi accepté ces quelques cheveux blancs qui me sont apparus, et, tant bien que mal, mes kilos en trop. Je n’irai pas jusqu’à dire que je les aime mais j’ai cessé de m’angoisser pour ça.

    1. Hello Picou !
      Ah, ces cheveux, ils n’ont pas fini de nous embêter, hein ? Pas de cheveux blancs à déclarer ici, mais des cheveux fins, sans tonus et qui chutent, chutent, chutent. Faut bien faire avec !
      C’est quand même triste que nos complexes les plus réticents soient du domaine de l’acceptation de soi et de son image corporelle 🙁

  2. J’adore ton blog Ninon, c’est tellement toi et tellement bien écrit !!!
    Pour les complexes on repassera, après trois gosses je crois que je me suis oubliée et mes complexes avec !!! c’est le point positif !! Mais alors les 5 choses pour lesquelles tu ne complexes plus sont un peu les miennes aussi !!!! J’adore les pizza sodebo tiens et mes enfants aussi !!!!

    1. Yes Mag’ ! Comme ça me fait plaisir de te lire 🙂
      Miam, les pizzas sodebo, si on n’en fait pas un festin, ça fait bien autant l’affaire qu’une petite blanquette de saumon maison, non ?

  3. Je n’ai aucune culture cinématographique, je n’ai vu aucun classique et ne veut surtout pas les voir. Rien ne me gonfle plus que de m’entendre dire ah non mais ca c’est un incontournable il faut le voir. Bon j’ai quand même vu Titanic 😂. J’ai toujours été un garçon manqué, il m’a fallu de nombreuses années avant de m’habiller en fille et d’assumer mon corps et ses courbes. Je ne suis pas tendance, je traîne les même fringues depuis des années, et quand je les ai usé je rachète le même style. Simple et basique. Je suis comme toi avec les messages et plus que ca Je déteste le telephone dans un cadre autre que professionnel. Tu peux essayer de m’appeler je ne répond qu’à mère ma sœur et ma meilleure amie avec qui je n’ai pas à me soucier des « blancs » dans la conversation.

    1. Ah, la question de la culture, on y revient ! C’est un peu dommage de se rendre compte que ça ait pu nous complexer un jour, non ? Comme si nous étions amoindries par notre méconnaissance de tel ou tel film, tel ou tel auteur, tel ou tel artiste… C’est oublier que personne n’est à la pointe sur tous les sujets, et qu’il y en a sans doute des tas d’autres, tout aussi valables, sur lesquels nous sommes plus calées que la moyenne ! Bon, par contre, parlons peu, mais parlons bien, tu as vu Titanic, certes. Mais as-tu vu Un indien dans la ville ? XD
      Ah, je ne suis pas tendance non plus, mais ça ne m’a jamais trop complexée !!! J’ai commencé à développer un « complexe de la tendance » quand il s’est agi d’habiller le petit-petiot. Genre, moi, je ne suis pas tendance, ça ne me gêne pas, mais j’ai l’impression de ressentir une pression car mon petit n’est pas tendance ! (et puis, non, finalement, il va vite falloir que je passe au-dessus de tout ça !)
      Quant au téléphone, ah bon, toi aussi tu filtres tes appels ?? (Oups, guilty!)

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